La défaite en chantant
Par JEP le dimanche 6 mai 2007, 20:57 - Lien permanent
Choisie par les militants socialistes alors que les sondages lui donnaient 55 % des voix, Madame Royal n'a cessé de baisser jusqu'à ce jour ou, définitivement, elle semble faire preuve de bravitude.
Pourtant, que la campagne fut belle ! Forte participation, choix clair des électeurs, débats de qualité : le président élu bénéficie d'une forte légitimité grâce à un vote d'adhésion à ses idées. Madame Royal, qui il y a peu traitait son concurrent de "summum de l'immoralité", se retrouve bien guillerette au soir de sa défaite. A la voir perchée au balcon socialiste, on se demande si elle a bien pris conscience de son score et de la tristesse d'une bonne part de ses partisans. Jusqu'au bout, la candidate socialiste aura donc été à côté de la plaque. C'est un peu dommage.
Commentaires
en brevitude, elle aurait toujours tort, qu'elle pleure ou qu'elle rit, qu'elle soit calme ou en colère, qu'elle s'habille en blanc en rouge en noir ou en bleu, elle a tort d'avoir perdu.
mais en brévitude encore, c'est nous qui avons perdu gros, ce sont les citoyens français qui ont voté majoritairement à droite et juste au moment où sarkozy a conduit à droite extrème toute.
il nous prend de regretter chirac et de nous consoler finalement d'avoir voté pour lui en 2002 : il n'était pas si mal, nous savons que maintenant nous sommes là à connaitre pire.
il n'y a qu'à lire les deux papiers de sarkozy (ceux que tout le monde a lu (?) ) ceux qu'il a fait distribué au premier et au second tour et les comparer.
l'intention est claire, barre à l'extrème droite, 1er tour puis barre à gauche pour le 2ème tour.
mais dès son election, la barre à gauche est repartie dans l'autre sens : à droite plutôt extrème sur le fond et tremblements humanistes (de gauche?) pour la forme.
est-ce girouettude ou l'art de faire tourner tout son monde en bourrique
et certains de s'extasier de ses fines astuces stratégiques, il faut savoir que celui qu'on attend en corse est certainement au large de malte.
le jeu de cache cache idéologique ne fait que commencer.
Ségolène Royal savait les résultats depuis un moment, elle a eu un peu plus de temps que nous pour s'en remettre et anticiper le coup suivant : il s'agit de sauver le mouvement qui s'est un peu amorcé, la bravitude va peut-être nous aider plus que la dépression et les larmes.
la pétainitude mâtinée de bonapartitude et de berlusconitude est notre lot pour quelques années, les italiens ont fini par s'en sortir, peut-être que nous aussi.
Rebecca a (en partie) raison : ce n'est pas Ségo qui a perdu, c'est Sarko l'hypocrite qui a gagné. Cet homme est capable du pire (et, avec lui, le pire est toujours sûr) ; mais on peut encore espérer que beaucoup d'électeurs s'apercevront (avant qu'il ne soit trop tard) qu'ils ont été trompés. Je souhaite pour ma part que toute la gauche s'unisse sur un programme vraiment à gauche pour les législatives (mais je sais que c'est un voeu impie !).